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Rennes 1981

RENNES 1981 est un projet mêlant photographies, arts plastiques et musique, initié par Patrice Poch. Dans un premier temps, une exposition se déroulera à la Galerie DMA , 23 rue de Châteaudun, à partir du jeudi 7 avril. Le lendemain, le vendredi 8 avril, les enfants prodiges de Rennes, gloires des années 80 se réuniront à l’Ubu pour un concert d’anthologie.

Rennes 1981, vous l’avez rêvé…

Et Patrice Poch l’a fait pour vous. « Poch » est un artiste graffeur bien connu à Rennes pour avoir immortalisé les figures punk sur les murs de la ville. Alors pour arrêter de fantasmer sur cette fameuse scène rock bretonne, celle qui a brûlé les pavés rennais dans les années 80, celle qui a donné ses lettres de noblesse à l’identité culturelle de la capitale bretonne, l’artiste a décidé d’honorer cet âge d’or avec Rennes 1981. Il y a 30 ans déjà ouvrait la salle Jarry, qui deviendra plus tard l’Ubu, une salle qui verra défiler toute la richesse de la scène culturelle rennaise. Cet évènement attendu par beaucoup a pour objet de faire revivre 30 ans après le mouvement punk à l’aide de photographie, d’arts plastiques et bien sûr… de musique.

Le rock et la Bretagne, une belle histoire d’amour.

Aujourd’hui, le rock est un terme générique qui peut qualifier un panel trop large de styles musicaux, si bien qu’on ne sait plus trop si ce mot a encore un sens. Pourtant en Bretagne, il a su garder toute son essence comme étendard de l’insoumission de la culture bretonne. Le genre musical nous vient des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, des racines de rythm’n’ blues, de jazz ou même de country. Un beau mélange des genres qui se veut électrique et contestataire. Même si la Bretagne ne parle pas la langue de Shakespeare, il est évident que le courant passe entre le rock et les bretons. C’est vrai que la région est voisine avec la Grande-Bretagne, aux premières loges pour s’imprégner de la révolution musicale et culturelle du Swinging London qui fait fureur de l’autre côté de la manche dès les années 1960. Et puis il y a toujours le mot « Bretagne », une culture celtique commune et l’appel de la mer que seuls les bretons peuvent entendre… Des affinités entre la région bretonne et le berceau, mais on peut aussi se dire que la Bretagne est tout simplement et résolument rock par nature, des désirs de liberté et de révolte qui ont atteint leur apogée dans les années 1980.

Rennes la légendaire.

C’est tout naturellement mais non sans mal que la capitale bretonne va s’imposer comme la Mecque du rock, et plus spécialement du genre punk. Encore aujoud’hui la ville revendique sa culture alternative et sa scène musicale florissante, à se batailler le titre de capitale du rock avec Bordeaux ou encore Nantes. Rennes compte encore sur sa réputation de ville dynamique et prolifique, aussi grâce à l’héritage laissé par les années 1980 : des lieux mythiques, comme Rennes Musique (qui a fermé en 2008), mais ausi des salles de concert comme la Cité ou l’Ubu, ou encore des festivals comme les Trans Musicales ou Rock’n’solex. Loin d’être des vestiges d’une époque révolue, ce sont les preuves bien vivantes du patrimoine laissé par le mouvement punk-rock, comme un flambeau à faire passer aux nouvelles générations pour conserver une certaine identité (contre-)culturelle. Les premiers punks ont investi la ville dès la fin des années 1970 et vont ouvrir la voix à des groupes comme Marquis de Sade ou Fracture qui se prennent quand même quelques canettes à leurs débuts. Cette agitation punk va se canaliser autour des premières Trans Musicales, dont le but était de soutenir une scène rock alternative à Rennes. La première édition de juin 1979 verra jouer des groupes locaux comme Fracture, le groupe P-38 en 1981, Trotskids en 1982, Kalasnikov (le groupe de Dominic Sonic) en 1983 ou encore Wart en 1986.

Rennes 1981 : 30 ans après.

Pour pérenniser cette tradition de « contre-culture », rien de tel qu’un retour aux sources : une exposition est organisée du 8 avril au 8 mai à la galerie DMA avec des artistes ayant contribué largement à la diffusion du mouvement punk et de son message, celui du « Do it yourself » et du « No future ». Richard Dumas, Tonio Marinescu, Ian Craddock, Jo Pinto Maia, Dany Delboy, Gildas Raffenel et bien sûr Patrice Poch : tous sont tombés dans la marmite punk quand ils étaient petits. Le projet vise à mettre en avant la « culture punk », la facilité et la richesse des échanges entre les artistes de l’époque mais aussi le mouvement en lui même, porté par la multiplication des café-concerts, des fanzines et des boutiques de disquaires qui ont aussi forgé l’identité de la ville. Coté musique, pour les fans de la première heure mais aussi pour ceux qui se demandent pourquoi ils ne sont pas nés à la bonne époque pour vivre toute cette effervescence, l’Association Trans Musicales a invité cinq groupes emblématiques de de la scène rock bretonne à remonter sur les planches de l’Ubu, avec Kalashnikov, Frakture, P-38, Wart et Trotskids suivis d’un DJ Set de Poch. A vos agendas le vendredi 8 avril, le grand retour des enfants terribles du Rock breton risque de faire des étincelles…

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